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Une lettre de Bolivie
Article mis en ligne le 18 novembre 2007
dernière modification le 3 décembre 2007
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Après des échos de Saint Peterbourg,

voici des échos de Bolivie...

Depuis janvier 2000, le GBEN (Charles Pepinster et Eugénie Eloy) est en recherche solidaire, avec des enseignants boliviens de tout niveaux : maternel, primaire, secondaire et universitaire, à raison d’un mois chaque année, principalement à Cochabamba.
Le cadre de ces interventions est « Licenciatura en Educación internacional innovadora » orientada a la practica educativa en contextos plurilingues.

Suite à ces rencontres, stages, séminaires, travail en compagnonnage, un groupe d’enseignants s’est constitué en ASBL avec le parrainage de Pascal Montoisy coopérant belge sur place et membre du GBEN.

Cette ASBL s’appelle « Educandonos para la Nueva Bolivia » : ENB

Voici des extraits d’une lettre que nous avons reçue de là-bas.

Le but de cette association est de remettre en question l’éducation actuelle en Bolivie. Il faut savoir que le système éducatif bolivien « se caractérise par une gestion verticaliste de l’appareil scolaire, la discrimination ethnique, sociale et géographique, la récompense individuelle, la soumission à l’autorité arbitraire, le nationalisme, la copie, la répétition et la mémorisation non réfléchie des savoirs désarticulés, etc. »

Voici ce qu’on peut lire dans un message reçu d’ENB :

"Nos actions visent à construire une école qui permette de transformer la société en luttant pour l’égalité des chances aux niveaux éducatif, politique, social, ethnique et économique. Notre travail vise à mettre en amont de toutes les démarches éducatives une série de valeurs : la solidarité, le respect, la curiosité et l’intérêt pour les autres et les autres cultures, l’écoute, l’autonomie, l’autocritique, la liberté de chercher, de s’exprimer, de se tromper et d’essayer encore.

Nous envisageons l’apprentissage comme un processus auto socio constructif basé sur des défis, des situations- problèmes complexes et des projets proposés par les instituteurs travaillant en équipe-école. Nous défendons la construction de compétences collectives au sein des institutions scolaires.

Nous promouvons la négociation et la concertation des objectifs scolaires et la répartition des tâches éducatives entre école et communautés. Nous encourageons une école interculturelle inclusive en terme de populations, de savoirs ou de formes d’apprentissage.

Nous luttons contre toutes les figures qu’utilise l’école pour individualiser, pour hiérarchiser, pour classer ses bénéficiaires. Nous rejetons la « titulocratie » qui alimente le verticalisme éducatif et étouffe toute initiative créatrice venant de la base.

Afin de nous passer d’assistance extérieure et sachant que le professeur bolivien dispose de peu de ressources, nous avons décidé de présenter des projets de formation aux institutions publiques : Ministère, Préfectures, Universités, Coopération internationale, etc.
Ceci pour nous autofinancer mais aussi pour pouvoir exercer un rôle majeur de les changements éducatifs du pays.

Nous avons donc répondu à un appel d’offre de la Coopération Technique Belge qui développe un méga projet sur le thème de l’eau (santé, agronomie, ingénierie, économie et éducation) dans le département de Cochabamba (projet de deux ans). La zone comprend un composant périurbain et un autre, totalement rural.

Nous avons été sélectionné pour assurer la partie éducative qui inclut un travail avec les autorités éducative locale, les enseignants et les associations de parents d’élèves. Au niveau des activités, il s’agit d’ateliers de formation et d’accompagnement des enseignants sur le terrain, d’ateliers avec les parents et responsables des communautés rurales ainsi que d’élaboration de matériel.
Notre engagement consiste, au niveau de la gestion, à contribuer à plus de participation et de démocratie dans les prises de décisions scolaires ainsi qu’à la constitution progressive d’équipes éducatives (autorités éducatives- enseignants, autorités politiques- école- parents- élèves) qui marchent ensemble dans le cadre d’un projet axiologique.

Ce cadre de valeurs oriente les pratiques que nous souhaitons insuffler, pratiques qui facilitent l’auto socio apprentissage mais aussi qui s‘inscrivent clairement dans un projet interculturel c’est-à-dire de lutte contre les discriminations académiques et linguistiques de l’école bolivienne actuelle.

Notre travail se situe donc tant au niveau des priorités (les valeurs) que des moyens (contenus, pratiques de classe et représentations des enseignants et des parents).

A part cette première initiative qui a demandé un investissement temps énorme, trois universités du pays nous ont demandé d’organiser des programmes de troisièmes cycle dans les domaines de « l’Innovation éducative ». En Bolivie, le terme Education nouvelle n’est pas très mobilisateur. Nous comptons sur ces tremplins pour « contaminer » un nombre croissant de collègues.

Au niveau conceptuel, en bref, notre réflexion porte sur la gestion des écoles afin de faire évoluer les valeurs qui les gouvernent, sur le développement d’écoles plus interculturelles, donc sur le currículum (savoirs locaux- savoirs « occidentaux »). Au niveau pratique, nous partageons et élaborons ensemble des démarches.

Nous adhérons aux orientations du GBEN mais pas exclusivement car nous défendons vigoureusement l’éducation interculturelle et nous sommes partisans de la vision américaine de la pédagogie critique proposée par Paolo Freire, Henry Giroux et Peter Mc Laren.

Pascal Montoisy (GBEN)


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30 années de GBEN


Sorti de presse fin octobre 2016, le carnet du CARHOP de Florence LORIAUX « Transformer la société par l’éducation, 30 ANS DE RéFLEXIONS ET D’ACTION DU GBEN » retrace l’histoire de notre mouvement.

Le livre (141 pages) est disponible au prix de 10 €. (plus les frais postaux éventuels).

On pourra trouver le livre chez quelques membres actifs du GBEN. Il peut être commandé à Ermeton s/Biert auprès d’Eugénie Eloy (12 € plus les frais de port) à verser sur le compte du GBEN Triodos BE22 5230 8031 3247 du GBEN asbl.



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