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Dans la vraie vie, c’est comme ça !
De perdu, il devient guide
Article mis en ligne le 20 juin 2016

par Jean-françois Manil
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Ma dernière petite causerie pédagogique.
Elle a déjà provoqué beaucoup de réactions et de partages via le site de la Maison des Enfants.
JF

Aujourd’hui, l’entraide et l’accueil, deux urgences incontournables...même à l’heure des épreuves externes obligatoires.

Il y a quelques temps, nous apprenons qu’un de nos anciens élèves ne trouve plus aucun sens à sa présence à l’école. En discutant avec ses parents, ils nous apprennent que le souvenir de son passage à la Maison des Enfants est toujours très prégnant. Alors, comme une évidence, nous proposons qu’il y revienne pour nous aider et, le cas échéant, retrouver sens à la scolarité. Ainsi fut fait et bien nous en prit.

Jeudi, il vient près de moi et me dit : « Je vais dans le bureau avec Y. pour l’aider à construire son questionnaire. J’en profiterai pour l’aider à faire ses mini-exposés en utilisant ses propres mots. »
Y. prépare un « grand exposé » qu’il présentera fin juin devant tous les aînés et ceux intéressés.
Je suis à la fois ému et intrigué. Très discrètement, j’entre dans la pièce et observe la scène : le plus jeune, appliqué, accepte les critiques, recommence et l’aîné, investi, le conseille, fait référence à sa propre expérience. Je les laisse. Plus tard, le grand vient me trouver pour me dire : « JF, j’ai arrêté, il en avait assez, mais il a bien bossé. Tu voudras bien corriger ? » Puis il s’en va rejoindre les plus jeunes parce que Virginie vient de l’appeler.

De perdu, il devient guide.
D’absent il devient présent.
D’objet, il devient auteur.

J’ai l’impression que c’est maintenant qu’il réalise son Chef-d’Œuvre pédagogique : investir sa propre vie.

Et j’en suis à la fois content et fier. Cela m’aide car au même moment, se déroulent les épreuves externes obligatoires (auxquelles je ne mets aucune majuscule). Savez-vous ce que m’en ont dit trois enfants ? J’insiste, trois !

Tu sais JF, moi j’aime encore bien faire ça. Par contre, ce que je ne comprends pas, c’est qu’on ne puisse pas dire ce qu’on a trouvé. Quand j’ai trouvé un truc super j’ai envie de le dire à mes copains pour voir si c’est la même chose. En plus, on serait sûr de ne pas rater. Dans la vraie vie, c’est comme ça.

Et oui, gamin, dans la vraie vie c’est souvent comme ça, mais les décideurs scolaires pensent que non. Ils feraient bien de s’interroger sur ce qui les motive à encore croire à l’individualisme et à l’équité de la tâche solitaire. J’ai de moins en moins envie de leur trouver des excuses. Ou bien, une fois pour toute, entériner leur ignorance. Il n’est pas beau le monde qu’ils nous préparent. Alors qu’en Pologne, en Ile Maurice, au Grand-Duché le système scolaire est en train de s’orienter à l’inverse de ces croyances datant du XIX° siècle.

Cette situation est quand même radicalement différente de la première décrite, non ?
A méditer et à partager avec qui vous voulez.

JF Manil
Petite causerie n° 24 - 20 juin 2016


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