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Le site du Groupe belge d’Education nouvelle.

Finalités et méthodes d’Education Nouvelle
Article mis en ligne le 21 septembre 2012
dernière modification le 6 juillet 2016

par Charles Pepinster
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Le Groupe Belge d’Education Nouvelle veut un changement éducatif radical en vue d’une transformation humaniste de la société.

Le G. B.E.N. ne souhaite pas seulement répondre aux besoins de l’Enfant et du Jeune (puérocentrisme) mais élabore activement, dès l’enfance, une vie sociale plus humaine (sociocentrisme) où la part de l’individu et celle du groupe s’équilibrent, se respectent.

Deux moments caractérisent l’apprentissage dans une classe d’Education Nouvelle :
1. L’expression culturelle, sous plusieurs formes : textes variés (enquêtes, poèmes, résumés, correspondance, textes libres, scénarios, variations, grammaire/laboratoire), peinture, musique, sport coopératif, modelage, jardinage, astronomie, théâtre tous les jours …
2. Les apprentissages scolaires importants en auto-socio-construction créative.
Les notions-clés des programmes sont explorées en « cent visages » par des variations qui différencient les angles d’attaque d’une même notion, loin du dépistage/remédiation triomphant.
Concrètement, le GBEN ne fait pas apprendre toutes les notions du Programme à partir du vécu, des ‘projets’, contrairement à d’autres mouvements dits de ‘Pédagogie active’.
Certaines connaissances le sont, comme le volume, le poids de l’air, la météo (…) lors de la construction d’une mongolfière, par exemple ; mais la plupart sont vues savoureusement pour elles- mêmes dans des démarches d’auto-socio-construction comme les tables de multiplication ou un théorème de géométrie.. Les élèves se construisent un algorithme ou une proposition à démontrer seuls d’abord, puis en groupes au fil de consignes-actions stimulantes jusqu’à la réussite de tous. Pour nous, les maths, c’est créatif, solidaire et culturel à la fois. C’est à la portée de tous si le professeur est passionnant et inoffensif formant des élèves curieux et interrogateurs, sans peurs…
Ceci dispense de l’individualisation par fichiers à avancement personnel, avec ‘contrats’, ‘ceintures’ et autres ‘brevets’ ou ‘tableaux d’avancement’, formules de motivations externes qui risquent de rallumer la compétition et son cortège de nuisances.
Remarque : si un élève réalise seul, facilement, une fiche, c’est qu’il ‘sait’ déjà et l’opération est peu utile. En revanche, celui qui n’en sort pas doit être ‘aidé’ individuellement, ce qui risque, paradoxalement, de … l’affaiblir, de le faire se sentir comme incomplet (estime de soi blessée). Le GBEN préfère les groupes de solidarité où joue l’entraide jusqu’à la réussite de tous sous la vigilance de l’adulte, exigeant certes, mais conscient que tout apprentissage a un poids émotionnel, est en rapport direct avec l’affectivité des partenaires d’apprentissage.
Le GBEN est favorable à l’encouragement mais il s’oppose au système des récompenses, de la méritocratie et de la dénonciation des élèves à leurs parents, (sauf cas très exceptionnels).

En E./N., les valeurs de créativité et de solidarité sont concrètement rencontrées par :

  • l’organisation, quotidienne ou à long terme, des apprentissages. Cette organisation est assumée, d’une part par les enseignants (qui inventent les stratégies d’apprentissage, toujours nouvelles, en commun chaque jour après la classe) et d’autre part par l’assemblée générale quotidienne, adultes/enfants en conseil coopératif. Autrement dit, les profs ne préparent plus tout seuls leurs cours chez eux mais en équipe, chaque jour à l’école, en l’absence des élèves. Ceux-ci sont en outre consultés sur ce qu’ils voudraient apprendre en plus …
  • la suppression des éléments de compétition (d’ailleurs non prévus par la Loi) tels que la plupart des examens individualistes, les points, les bulletins, les punitions, les menaces, les récompenses afin de faire vivre jusqu’au bout le droit à l’erreur, le dialogue, la coopération en groupes hétérogènes décidés par l’adulte. Le GBEN s’oppose au principe des examens externes obligatoires qui renforcent le système d’une école déjà malade de la mesure du ‘rendement’et qui détournent celle-ci de la culture.
  • le chef-d’œuvre pédagogique au lieu, justement, des examens terminaux. Il s’agit d’une longue allocution publique interactive donnant la preuve (ce n’est pas une ‘épreuve’) de capacités abondantes à bien parler, lire, écrire, calculer, faire de la géographie, des sciences, de l’histoire, sur un sujet choisi librement, accentuant le côté culturel par le recours au théâtre, aux interviews, à l’art pictural, musical, culinaire, à la biologie, la botanique, la vie des émotions, les problèmes de société comme l’écologie, le partage, la simplicité heureuse, bref, ce qui humanise. Il s’agit d’instruire les autres.

Exemples : l’agriculture biologique, les sorcières, les forêts, le savon, les rapaces, la pollution, Gandhi, les trains, Mozart etc. pour intéresser et instruire un public, montrer son habitude à prendre la parole avec aisance … et non pour se soumettre à un examinateur rétréci sur le scolaire ‘vrai ou faux’.

  • le refus de recourir aux « jours blancs » en faisant apprendre jusqu’à la veille des vacances, jour où l’on prépare déjà les allocutions qui seront présentées à la rentrée, le 1er septembre. On apprend lentement. « Tout apprentissage solide se nourrit de lenteur » a dit le philosophe G. Bachelard.
  • la substitution des jeux de coopération aux jeux de compétition,
  • l’invention personnelle de tâches facultatives à domicile - « devoirs au choix » - dont la présentation aux autres le lendemain fait apprendre à tout le monde. C’est un entraînement au chef-d’œuvre pédagogique émancipateur, ceci en rupture avec les ‘devoirs’ « corrigés et notés »,
  • les réunions de parents sous forme de recherche, dont la première a lieu le jour de la rentrée.

N.B. Les parents sont informés des apprentissages réalisés au jour le jour. Pour le GBEN, c’est la forme idéale d’une véritable et utile évaluation, non faussement chiffrée, évidemment.

  • le décloisonnement des classes d’âges. Les élèves apprennent tantôt dans leur groupe d’âge, tantôt en trios composés d’un ‘petit’, d’un ‘moyen’, d’un ‘grand’, tantôt suivant d’autres regroupements favorables à l’apprentissage décidés par le maître d’apprentissage,
  • l’entraînement à la non-violence :
  • l’espace libre (on va où on veut) pendant les récréations (jeux de table ou cabanes …),
  • l’éradication de la violence institutionnelle issue de la compétition,
  • l’usage de la boîte à disputes pour régler les différends interpersonnels, sans châtiments ni dénonciations mais avec fermeté, dans le dialogue.
  •  
  • l’abandon des redoublements : on continue, avec ses condisciples, une fois la nouvelle année scolaire entamée … là où on était arrivé fin juin, ceci dans des activités de recherche toujours renouvelées. Pour le GBEN, les redoublements ne sont pas interdits mais simplement impossibles.
  • l’ouverture au quartier, aux écoles normales, aux universités, à l’inspection, aux responsables politiques et autres visiteurs toujours tenus de proposer un apprentissage savoureux aux élèves ... avant de circuler librement parmi les ateliers de recherche et de. réfléchir, en équipe éducative, aux améliorations souhaitables,
  • l’habitude, peu à peu installée, d’apprendre en groupes autonomes, dispersés pour un temps, dans différents endroits, sans adultes,
  • la préférence - quand cela est possible - de quitter les grands bâtiments scolaires, souvent anonymes et concentrationnaires, pour des maisons occupées de la cave au grenier par une cinquantaine d’élèves et deux ou trois adultes en pleine responsabilité, maisons de-ci de-là dispersées dans les quartiers, les villages.
  • la réalisation de PROJETS surtout à caractère social et l’usage central d’une riche BCD (Bibliothèque, Centre de Documentation) gérée par les élèves qui s’y rendent librement.

Un point important pour conclure :
L’Education Nouvelle va au-delà du respect des différences en visant le « Tous capables (d’apprendre ce que l’école propose) ». Ainsi, elle n’accepte pas qu’une personne disposant de 100 milliards de neurones en bon état, donc immensément dotée, soit en danger de ne pas apprendre et d’être exclue.
Mais comment faire pour que le désir et la volonté tenace d’apprendre,parfois dans la peine, donc de surmonter les difficultés, naissent et se développent chez tous ?

  • Sans doute, pour le GBEN, en réfléchissant largement, avec les autres mouvements pédagogiques progressistes auxquels l’Education Nouvelle emprunte déjà beaucoup d’avancées.
    Ce dialogue doit permettre au GBEN d’accepter ou de refuser les pratiques et les principes venus d’ailleurs mais aussi de critiquer et d’améliorer les positions de notre propre groupe.
  • Sans doute aussi en diffusant largement nos partis pris malgré les résistances, les forces conservatrices engagées dans une voie à contresens de l’Education Nouvelle.

NB. Nos idées méritent d’être connues largement car elles sont appliquées avec un vif succès, depuis 20 ans à Buzet (Floreffe, Belgique), en toute légalité, dans une école publique appelée ‘La Maison des Enfants’ que j’ai eu le bonheur d’initier. Des classes d’E/N existent dans des écoles.

pepinstercharles@ymail.com

Sites : www.panote.org et www.lamaisondesenfants.be

Une auberge espagnole pédagogique

L’an passé, les 23 et 24 août, une trentaine de pionniers Educ/Nouv ont vécu à Buzet, deux journées de gourmandises pédagogiques partagées, les uns initiant les autres pour faire fleurir des écoles tout autres.

Cette année, on remet le couvert...

Auberge espagnole pédagogique

des 24 et 25 août de 9 h à 16/17 h
à Buzet

Voici ce qui est prévu : on se rencontre librement sur le mode de la non directivité intervenante chère à Michel Lobrot (Madame Google vous en apprendra…), ce qui veut dire que ce sont les participants qui décident du programme, qui se groupent au gré de leurs désirs, sur des thèmes choisis par eux, avec des vieux briscarts branchés au courant alternatif ou avec des virginités utopistes. Chacun peut intervenir en proposant une démarche, des documents.
Tout quiconque peut proposer une assemblée générale, une vidéo, un témoignage, un verre de l’aménité, une séance d’impro… à sa guise.

A l’auberge de Buzet, on trouve de la vaisselle, des tables et des chaises et on se partagera les bonnes choses gastronomiques apportées quand on salivera devant l’étalage .

Namur n’est pas loin, son Auberge de Jeunesse est très prisée. On peut s’y retrouver le soir du 24 pour une virée vespérale…

PAF sur place de 2 à 5 euros (maximum) pour les deux jours à glisser dans la fente d’une boîte jolie.

Collecte des inscriptions nécessaires sur :

pepinstercharles@yahoo.be



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