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Arts sociaux
Article mis en ligne le 18 décembre 2016

par Charles Pepinster
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La médecine, un art ? – Oui, une science également.
Un art social ? Evidemment puisqu’il se développe pour le bien-être des gens.
La pédagogie est aussi un art, un art social, éclairé par une science, bien entendu.
Mais, curieusement...

Curieusement, tant les avancées dans l’art de guérir sont proclamées haut et fort, vite généralisées, tant les progrès dans l’art de faire apprendre la Citoyenneté du Futur restent discrets et même contestés, voire d’emblée refusés par bon nombre de praticiens certes bien intentionnés mais insécurisés par la perspective d’un changement dans leurs pratiques.

Mon épouse a été atteinte d’un cancer, heureusement détecté très tôt. A la clinique universitaire proche de notre domicile, elle a bénéficié de l’immunothérapie. Ce traitement récent a été adopté par tous les oncologues, aucun n’a dit : « Nous soignons déjà les cancers avec des procédés modernes, pas besoin d’un truc en plus ».

Hier, je me suis retrouvé devant une assemblée d’enseignants qui n’avaient qu’un mot à la bouche : « Ce que vous proposez, on le fait déjà », donc, sous-entendu, nous refusons vos propositions dites innovantes… sans jamais demander en quoi consistaient ces découvertes, pire, en négligeant les vidéos lancées en début de séance montrant l’application de nouveautés pédagogiques dans des classes d’Education Nouvelle.

Mon voisin est architecte. Lorsqu’il a organisé le chantier de rénovation de la vielle maison que j’avais achetée, il n’a pas négligé les nouveaux matériaux accroissant le confort et les économies au prétexte qu’il n’avait pas besoin de modifier ses habitudes déjà imprégnées d’innovations.

Quelles sont donc les ingrédients d’une pédagogie toujours renouvelée ?
En d’autres termes comment déceler si une école a intégré le meilleur des avancées pédagogiques  ?

Tentons-en une liste exhaustive :
Une certitude que tous les enfants capables de parler sont immensément dotés (quatre-vingt-six milliards de neurones), tous capables d’apprendre en créativité et solidarité, sans exclusions. Les redoublements, sont donc, eux, exclus.

  • L’abandon des tests dits d’intelligence, des tests prédictifs.Non à l’étiquetage, au fatalisme.
  • La formation des enseignants fait diminuer la recherche de défauts chez les élèves.
  • Le travail centré sur la recherche doit mettre à la marge les cours magistraux.
  • Place à l’auto-socio-construction de savoirs savoureux. Pas de fichiers d’exercices individuels trop nombreux, pas de feuilles d’application polycopiées à partir de manuels mais des relances ‘spiralaires’ pour tous.
  • La motivation d’excitation par les points, les bulletins chiffrés, les punitions, les récompenses, les dénonciations aux parents fait place à la motivation d’incitation exempte de menaces, riche d’intérêt et surtout de confiance maître/élèves où chaque enfant appelle volontiers à l’aide sans redouter d’être mal jugé, humilié.
  • La pédagogie du projet occupe une place centrale dans l’arsenal des motifs propres à engager les élèves dans des apprentissages qui ont du sens, sans les motivations artificielles.
  • La bibliothèque centre de documentation, accessible librement à tous moments, est au centre de l’école, elle est continuellement enrichie, elle est gérée par les enfants.
    La préparation de la classe se fait en équipe éducative en dehors des heures de présence des élèves. Ceci permet à chaque enseignant une bonne polyvalence.
  • L’accent est mis sur des activités culturelles. Les apprentissages scolaires (lecture, grammaire, calcul, histoire, écologie, mathématiques…) sont prévus comme des découvertes à faire seul puis en groupes avec le droit à l’erreur (jamais sanctionnée) et revêtent donc un aspect culturel, de formation de l’esprit critique, de développement de la pensée divergente audacieuse.
  • Chaque journée commence par un conseil de la classe où adultes et enfants inscrivent à l’ordre du jour ce qu’ils voudraient apprendre ou faire apprendre.
  • Le couronnement de l’école primaire, c’est le chef-d’œuvre pédagogique. Il s’agit pour chaque élève de sixième année de prouver ses compétences en lecture, calcul, histoire, géographie, internet, animation (…) pendant plusieurs heures où il instruit toute l’école à partir de ses recherches sur un sujet convenu avec son enseignant, approfondi en solidarité de septembre à juin. Le chef-d’œuvre pédagogique est un passage initiatique de l’enfance à l’adolescence. Il installe une solide estime de soi.
  • La communication avec les parents se fait par le porfolio, l’internet quotidien, les réunions où les parents sont mis en recherche et écoutés sur un sujet d’éducation.
  • Les devoirs/soumission obligatoires sont remplacés par des « devoirs au choix libres » où les enfants qui le veulent préparent des choses à faire apprendre aux autres.
  • Le temps scolaire est entièrement consacré aux apprentissages jusqu’à la veille des vacances, sans perte de temps (pas de ‘jours blancs’).On gagne ainsi une année sur six.
  • Les excursions/consommation (Walibi etc.) sont remplacées par une ‘classe verte’ toute l’année et une ou deux nuits dormies à l’école. Il importe de « Lire dans le grand livre de la nature » comme le recommandait Jean-Jacques Rousseau.
  • Les chamailleries sont réglées dans la classe coopérative par le recours à la boîte à disputes/discutes sans sanction, par le dialogue. On cherche ensemble comment éviter à l’avenir la dispute examinée. Les ‘rapportages’,‘racusages’ sont découragés.
  • Le théâtre tous les jours de même que la lecture en trios inter-âges.
  • L’usage des jeux coopératifs au lieu de ceux qui habituent à la compétition.
  • Les récréations sont libres, en classe, dans la cour, partout car l’enfant est mouvement.
  • Le droit de parler, de circuler, de donner son avis sur la vie de l’école, d’organiser des spectacles, d’apporter des jeux, de filmer… est garanti à tous.
  • La disponibilité quotidienne des enseignants volontairement présents pour les enfants et les parents une demi-heure avant le début des recherches et après la classe.
  • L’accueil des nombreux visiteurs, des médias, des gens du quartier pour apprendre.
  • Les nombreux écrits et les réunions ouvertes qui permettent à des écoles qui ont déjà mis en place quelques uns des points ci-dessus de compléter leur puzzle pédagogique.
  • L’école ouverte toute l’année : les parents circulent librement dans les locaux scolaires.
  • L’inspecteur est considéré comme un allié pour l’application du Décret Missions / 24-07-97.

Bref, une école d’Education Nouvelle est celle qui réunit tous les paramètres évoqués.
Aucune école ne peut refuser d’intégrer les progrès des Sciences de l’Education, peu à peu ou radicalement. En pédagogie, cet art social, comme en médecine ou en architecture, le progrès c’est l’avenir. Il y va de la formation de citoyens créatifs et solidaires prêts à affronter les périls qui menacent la survie de notre espèce. Pas moins.

Ch.P. pepinstercharles@yahoo.be
le 14 décembre 2016

P.S. :

Note. Ne pas confondre avec l’Art social de Rudolf Steiner
 [1]


30 années de GBEN

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Sorti de presse fin octobre 2016, le carnet du CARHOP de Florence LORIAUX « Transformer la société par l’éducation, 30 ANS DE RéFLEXIONS ET D’ACTION DU GBEN » retrace l’histoire de notre mouvement.

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On pourra trouver le livre chez quelques membres actifs du GBEN. Il peut être commandé à Ermeton s/Biert auprès d’Eugénie Eloy (12 € plus les frais de port) à verser sur le compte du GBEN Triodos BE22 5230 8031 3247 du GBEN asbl.

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