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Les nouveaux dictateurs de l’évaluation
Extraits d’une opinion de Serge Léonard dans LLB
Article mis en ligne le 17 août 2014
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faut dénoncer le faux universel de cette idéologie en réhabilitant de toute urgence nos valeurs, nos universaux et l’individu.http://www.lalibre.be/debats/opinio...

Toutes les semaines, « Standard and Poors » et autres agences nous délivrent les bons et les mauvais bulletins des pays. (…°

Je pense qu’il est légitime de s’interroger sur la récurrence et sur la multiplicité de ces nouveaux modèles d’évaluation d’autant qu’ils sévissent dans tous les secteurs (universités, santé, éducation, justice…) et qu’ils se revendiquent d’une méthodologie dite universelle, de dispositif d’évaluation universelle, capables par exemple d’évaluer notamment toutes les économies de la planète et capables d’évaluer tous les systèmes scolaires de la planète.

Il est aussi légitime de s’intéresser aux pouvoirs qui en résultent. Exemple, en ce qui concerne les agences de notation, sur base d’une simple dégradation d’une note, ces évaluations peuvent conduire une économie nationale à la faillite et mener des millions de personnes au chômage, à la ruine. N’y-a-t-il pas là l’apparition de nouvelles formes de domination universelle fondées sur un pseudo-savoir qui s’appellerait l’évaluation ?

Qui dit évaluer dit comparer, qui dit comparer dit classer, qui dit classer dit aussi disqualifier. L’évaluation fonctionne alors comme un pouvoir dont l’objectif est de normer et de réglementer. Il ne s’agit donc pas de s’intéresser à la créativité ou à l’innovation d’une activité entrepreneuriale mais d’imposer à tous un modèle financier auquel il convient de se conformer, de se soumettre. Exemple, les entreprises industrielles risquent de ne plus être gérées par des ingénieurs mais par des managers financiers. (…)

Cette manie de la notation va cependant beaucoup plus loin et pénètre tous les secteurs. Elle peut prétendre évaluer scientifiquement les praticabilités de la sociabilité des enfants. (...)

L’idéologie de l’évaluation n’est pas uniquement un instrument d’évaluation réservé au secteur financier mais touche tous les secteurs d’activités (écoles, hôpitaux,…). Il est par conséquent important d’en dénoncer les effets pervers en revenant notamment à l’école et à la question de savoir s’il est légitime d’évaluer une école selon des paramètres proposés par des économistes et si une école peut se prêter à une évaluation de cet ordre.

Personnellement, je trouve dangereux de s’y soumettre. Je pense qu’une école est un lieu s’intercalant entre la famille et la société. L’école n’est pas la famille, l’école n’est pas l’étal du marché. L’école est à la fois un espace séparé et un lieu l’ouverture. Elle est surtout le lieu de la transmission des universaux (mathématiques, sciences, biologie…) et elle devrait aussi être le lieu de l’apprentissage d’un vivre ensemble démocratique et respectueux des droits universaux. L’école a pour objet de transmettre les universaux tels que les mathématiques, les sciences mais aussi les droits de l’homme, la convention internationale relative aux droits de l’enfant.

Or, à lire l’enquête Pisa et son classement, il est manifeste que le respect des droits de l’homme n’a pas été pris en considération. C’est donc manifestement très dangereux de procéder à une évaluation de certains universaux en occultant par contre d’autres universaux tels que les droits de l’homme. C’est d’autant plus dangereux que le classement Pisa met en avant des modèles pédagogiques dont les méthodes relèvent du bourrage de crâne, du drill, du conditionnement, de la coercition et de l’apologie du nationalisme.

Alors que faire face à cette tentative de fabrique à humains standardisés, ces nouvelles théories sociales qui « poussent au meurtre du sujet », cette vision pavlovienne de l’enfant ? Il faut se battre et dénoncer le système de non-valeur tel que proposé par ces nouveaux modèles d’évaluation. Il nous faut donc dénoncer le faux universel de l’idéologie de l’évaluation en réhabilitant de toute urgence nos valeurs, nos universaux et l’individu.

Réhabiliter (...) un universel singulier où chaque individu est autorisé à parler en son nom propre et où chaque individu est invité à faire la rencontre de l’autre, d’autrui. Voilà le combat, voilà notre fierté et notre créativité, voilà les valeurs de résistance face à cette nouvelle idéologie de l’évaluation.

Serge Léonard
Avocat, master européen en médiation

CONTRIBUTION EXTERNE.
Publié dans LLB le lundi 07 avril 2014


30 années de GBEN


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