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Des Ecoles Nouvelles à Bruxelles ?
Lettre de Charles Pepinster aux responsables politiques
Article mis en ligne le 18 juin 2010
dernière modification le 19 juin 2010

par Charles Pepinster
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Des nouvelles écoles à Bruxelles : une épine dans le pied... 
Des Ecoles Nouvelles, une belle opportunité.

Mesdames et Messieurs les responsables politiques et institutionnels bruxellois,

J’ai été vivement intéressé par l’annonce d’une obligation d’ouvrir 34 écoles maternelles et 39 primaires à Bruxelles (en plus de 6 écoles secondaires) dans les prochaines années et je comprends vos préoccupations face à cet épineux problème.

Pourquoi cet intérêt ? Parce que j’ai eu l’occasion de créer deux écoles fondamentales.

  • J’ai fondé, à Marcinelle, en 1963, un institut médico-pédagogique pour des enfants indésirables dans l’enseignement primaire ordinaire et je l’ai dirigé pendant 10 ans.
  • J’ai aidé à la réouverture d’une école communale en 1992 à Buzet (Floreffe) pour un projet novateur, après avoir été inspecteur cantonal pendant 18 ans. J’y suis alors devenu instituteur d’Education Nouvelle, ce qui m’a valu, avec mon équipe, un Prix Reine Paola en 1997.

Je n’aurais pas voulu qu’on construise un nouveau bâtiment (délais longs, coût important…) mais j’ai obtenu de la Commune de pouvoir occuper les 192 m2 utiles de l’ancienne maison de l’instituteur, de la cave au grenier, pour 52 enfants du primaire et trois adultes en responsabilité… ce qui est parfaitement légal, donc possible partout sans minerval, partant sans tri social.

Voilà 17 ans que ‘ La Maison des Enfants’ fonctionne ; je vous invite à regarder sur l’Internet un reportage récent qui lui est consacré : Google, antenne- centre TV, archives, jt du lundi 15 mars 2010 (*) et de lire l’annexe : « Un tableau noir dans la cuisine » pour bien comprendre, d’une part que cette réalisation communale constitue l’Ecole du Futur, comme l’a appelée Albert Jacquard qui l’a visitée deux fois et d’autre part qu’elle est tout à fait légale, j’insiste, donc subsidiée comme les autres écoles communales.

L’idée que j’ai développée, et qui pourrait vous servir, serait que, dans la mesure du possible, on occupe des maisons de-ci, de-là dans les quartiers où l’une ou l’autre rue serait une rue des enfants, puisqu’il y a bien des rues aménagées à grands frais pour le profit des commerçants.
Bruxelles pourrait ainsi devenir la capitale comptant le plus de Maisons des Enfants où se développeraient des stratégies variées, inspirées de Freinet, de la Pédagogie Institutionnelle, du GBEN comme à Buzet, de Pédagogie Nomade…Tous créateurs, sans compétition ni exclusion.

Mais est-ce que la législation actuelle autorise des normes d’ouverture à dimensions humaines ?

Faudra-t-il s’adapter à l’urgence grâce à un nouveau Décret ?

Les avantages sociologiques, psychologiques, pédagogiques (dans l’esprit du Décret ‘missions’ du 24/07/97, article 6 en particulier) dont mes amis et moi pouvons témoigner tant nous restons enthousiastes après tant d’années, sont nombreux.

  • Ecoles à dimensions anti-concentration pour une éducation personnalisée favorisant le dialogue, la recherche en groupes, la non-violence, supprimant la compétition, les pertes de temps (dont les redoublements onéreux et traumatisants) et même que le bruit si néfaste.
    Chacun connaît tout le monde. Les problèmes se traitent fraternellement, sans punition mais avec fermeté et un sens de l’écoute structurante.
  • Engagement plus marqué des quelques pédagogues qui forment une équipe soudée et polyvalente capable de faire apprendre aux cadets comme aux aînés dans une même cohérence pédagogique, sans tiraillements épuisants sur les objectifs.
  • Proximité habitation-école, donc diminution du carrousel dangereux et polluant des voitures des parents. Ceux-ci peuvent souvent venir à l’école en voisins, à pied, comme leurs enfants dans un environnement revitalisé pour et par sa jeunesse.

Je pourrais témoigner d’autres avantages d’occuper des maisons, y compris pour l’enseignement secondaire qui a un urgent besoin de s’humaniser, plutôt que de construire des classes en séries, cellules individualisées, homogénéisées et juxtaposées sur de ‘ grandes surfaces’.

Comme il est difficile de trouver des terrains à bâtir, et comme ceux-ci se situent souvent loin des quartiers populaires… (et vu que ce serait bon pour l’emploi et pour l’environnement que de réhabiliter assez rapidement un tissu urbain parfois vieillissant), l’insertion de Maisons des Enfants dans les quartiers est vraiment recommandable.

NB. Les élèves de maternelle auraient d’autres maisons que les primaires ; c’est un avis tiré de mon expérience longue. Cette opinion pourrait être nuancée : les petits seraient parfois inclus dans la même maison que leurs aînés.

Les obstacles à cette urbanisme pédagogique sont certes nombreux, vous les connaissez sans aucun doute, comme la rareté des maisons libres ( crise du logement ), le nombre d’implantations scolaires qui serait d’autant plus grand que les entités auraient un caractère familial (50 élèves), sans parler des habitudes ancrées de beaucoup d’enseignants.

Il s’agirait donc d’un idéal à viser, celui-ci ne pouvant peut-être se réaliser, au début, que dans un nombre restreint de cas décidés à faire tache d’huile. Mais ce serait dommage de ne pas creuser l’idée tant sa réalisation à Buzet est unanimement appréciée par les enfants, les parents, les autorités responsables et des professeurs du secondaire.

« Pourquoi cette idée n’est-elle pas reprise partout ? » demandent de nombreux visiteurs, dont un Ministre. J’ajoute : « …jusqu’à présent ? »… car l’avenir est riche de promesses si des responsables locaux deviennent les promoteurs de cette innovation et font appel aux enseignants volontaires, ceux-là, nombreux, qui sont las de rester enfermés dans des structures parfois dures, anonymes voire violentes où ils se découragent, souffrent.

Le Groupe Belge d’Education Nouvelle, que j’ai aidé à se constituer il y a 25 ans, serait utile pour former les enseignants à cette pédagogie qu’un Futur menaçant réclame. D’autres associations comme Freinet, la CGE à Bruxelles, qui comptent aussi des formateurs, pourraient être sollicités. Pas de modèle à imiter, une opportunité à créer en équipes restreintes.
On comprend, en effet aisément, que la dispersion des élèves dans une maison implique une pédagogie nouvelle basée sur la rencontre confiante, l’absence de stress, la recherche en groupes autonomes, le dialogue, la non-exclusion, la vie culturelle, l’ouverture sur le quartier, l’accueil des diversités dans une Capitale de l’Europe multiculturelle.

Vous trouverez des informations sur ‘mon’ mouvement pédagogique en consultant, si vous le voulez bien, le site « http://www.gben.be ».

Mes amis et moi sommes disponibles pour vous rencontrer. Mais si vous pouviez vous-mêmes diffuser cette lettre-ci, vous qui ‘du sérail connaissez les détours’, ce serait bien car sans vous…pas d’opportunité. D’ailleurs, à Floreffe comme à Liège, Ottignies, Limerlé ou Evere ce sont les responsables politiques qui ont permis puis soutenu l’ouverture d’Ecoles Nouvelles, fondamentales et secondaires gratuites, jugées adaptées aux besoins changeants de la société : prise de conscience politique puis action réussie, fortement plébiscitée par un nombre croissant de parents et d’élèves. Ce succès est expliqué par plusieurs études universitaires.

Bref, des nouvelles écoles sont nécessaires. Mieux, des Ecoles Nouvelles sont indispensables.

Veuillez croire, Mesdames, Messieurs, à mes sentiments distingués.

Charles Pepinster, instigateur de l’Asbl Groupe Belge d’Education Nouvelle,
Rue de Falaën, 7 à B 5644 Ermeton-sur-Biert.
Tél. +32(0)82/ 69 95 76
Courriel : pepinstercharles@ymail.com

(*) reportage sur Buzet : « http://www.antenne-centre.be/fullsc...http://www.antenne-centre.be


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